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Mon art est apolitique. Il n’est ni revendicateur, ni engagé, il n’a rien à démontrer : il raconte. Il plonge dans les ramifications de l’expérience intime qui sont comme des mangroves gonflées de points d’interrogations, de rêves inaudibles depuis le ciel, enfouis dans le sable, autruches oubliées, de mémoires fragmentées terriblement belles et barbares à la fois.

Mon art est comme un pont allant de soi à soi, comme une rivière dont les eaux de surface rencontrent parfois une lumière venant de très loin, et qui essaie d’en refléter l’éclat de toute la force de son courant.

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Je m’appelle Sara, je suis une artiste pluridisciplinaire, muraliste, plasticienne, poète et performeuse.

La contemplation et la poésie sont mes grilles de lecture sur le monde : elles sont le terreau de ma pratique artistique parce qu’elles me donnent le sentiment d’appartenir a quelque chose de bien plus vaste. Elles sont comme des jungles : luxuriantes et profondément chaotiques. Elles abritent des fauves qui sont à la fois de nobles totems et de terribles prédateurs.

Que serait mon art sans ses lianes, ses herbes folles, ses racines noueuses, ses plantes grimpantes, ses panthères, ses fleurs d'un rouge sanguin ?

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Le factuel m'ennuie. J'ai jamais su raconter autre chose que la poésie que je trouve autour de moi : je puise ma trame créative dans ce qu’il y a de vrai, de primordial, imprévisible et incompréhensible dans la nature. 

J’ai envie de parler d'intemporel,  de choses immédiates, comme la lumière, l'eau, le corps, les déserts. Les déserts sont le foyer de mon inspiration depuis que j'ai compris qu'il existait des espaces aussi seuls et immenses que le ciel, mais dotés d'une densité palpable. J’aime ce qui est là, franc, direct, à l'état sauvage, devant mes yeux. Ce qui existe en dehors de tout ce qu'on peut en attendre, en dehors de toutes les interprétations qu'on peut en faire.

L’inspiration me vient des espaces désertiques avec des lignes de fuite à perte de vue, les variations de lumière dans l’eau, les soleils de juillet.

 

Raviver la mémoire sensorielle d’une expérience, recomposer la géographie poétique d’une scène intimiste ou d’un moment passé sur la route : Mon univers visuel convoque le caractère fondamental de ce qui nous anime, le sens sacré de notre histoire personnelle.

L’expérience de la contemplation me maintient dans une lucidité paisible, une force tranquille à travers laquelle je sais exactement ce que je dois faire ou ne pas faire et quand, et comment. 

Je dis créer de l'art pour le donner mais je mens : je crée par peur qu'on me dérobe quelque chose, et mes univers symboliques sont des remparts érigés aux portes de ma perception. Dans cet espace protégé, je communique avec des voix silencieuses, celles qui bruissent dans les branchages des forêts ou celles qui guident mon écriture picturale et m'invitent à trouver de quoi y glisser leur message, leur empreinte. 

Il m'est difficile voire impossible de sortir en douceur de mon imagerie intérieure pour me mêler à ce qui existe en dehors, de passer de moi à l'autre sans fracas. 

Quand je sors de mon état de muse ou de poète, j'ai peur du bruit, j'ai peur de la colère qu'on retient et celle dont on est le réceptacle, j'ai peur des regards, j'ai peur qu'on m'aime et qu'on m'oublie.

J'ai peur de tout. 

Alors je vole en éclat, je dévore tout ce que je touche, je deviens le volcan dont personne ne connait l'origine de son feu, je deviens le lion qui rugit dans le vide. 

Un jour nous avons été mis au monde. Comment fait-on pour le rester ? 

Est-ce cela, l'art ? Essayer démesurément et par toutes les formes possibles de rester au monde ?

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